mardi 28 septembre 2010

LFC 2010 - Soutien de « principe » du privé à l’obligation de partenariat avec des locaux

La loi de finances complémentaire a introduit une obligation pour les soumissionnaires étrangers aux appels d’offres internationaux d’investir dans le cadre d’un partenariat. Grincement de dents perceptibles chez les partenaires. Le privé algérien, lui, applaudit par « principe » une mesure destinée à soutenir l’entreprise algérienne. Reste le détail de la mise en œuvre…


«Les cahiers des charges des appels d’offres internationaux doivent prévoir l’obligation, pour les soumissionnaires étrangers, d’investir dans le cadre d’un partenariat, dans le même domaine d’activité, avec une entreprise de droit algérien, dont le capital est détenu majoritairement par des nationaux résidents ». La nouvelle disposition contenue dans la LFC 2010, liant l’octroi de marchés publics aux entreprises étrangères à la conclusion de partenariats avec les entreprises locales, a suscité quelques grincements, inhabituellement publiques, de la part de partenaires étrangers. Ainsi l’ambassadeur de France a fait valoir, dans des propos rapportés par deux journaux algériens, des considérations objectives sur la difficulté de mise en œuvre de la disposition. «Le tissu industriel n’est pas très dense. Le nombre d’entreprises dynamiques qui ont des capitaux à même d’investir avec des partenaires étrangers n’est pas considérable», a déclaré M. Xavier Driencourt. La ministre déléguée de l’économie du gouvernement bavarois- en charge des infrastructures, des transports et de la technologie, Mme Kajta Hessel a exprimé des réticences similaires.  A l’opposé, les opérateurs économiques nationaux apportent une approbation de principe à la mesure, certains la qualifiant de « seule mesure » prise ces dernières années allant dans le sens d’un renforcement de l’entreprise algérienne.

Une bonne mesure… mais

Dans le secteur privé, elle est perçue comme une correction nécessaire. Il est vrai que les opérateurs nationaux n’ont jamais caché leur dépit de voir que les précédents plans de soutien à la croissance n’ont profité qu’aux entreprises étrangères. Les dimensions modestes des entreprises algériennes et les délais de réalisation fixés – et en définitive peu ou pas respectés – les ont pratiquement exclues de l’autoroute est-ouest, du programme du million de logements, des grands transferts hydrauliques, des travaux ferroviaires, des centrales électriques et de dessalement d'eau, les grands équipements publics… Il n’est donc pas surprenant de voir les opérateurs algériens applaudir une mesure censée leur assurer d’avoir une part du gâteau de 286 milliards de dollars du nouveau plan. Slim Othmani, président directeur général de NCA Rouïba, note qu’il ne s’agit pas d’une innovation. « Cela se fait déjà dans plusieurs pays dans le monde. C’est une bonne chose pour les entreprises algérienne qui cherchent à acquérir un certain savoir-faire ». Quand à l’efficacité de cette disposition, Slim Othmani, reste assez circonspect.  « Il faut que le partenaire étranger fasse réellement participer les cadres des entreprises algériennes dans la réalisation des projets et partage réellement avec ces cadres les compétences et la maitrise ». Le patron de NCA Rouïba formule une attente haute de ce qu’il qualifie de « correction du cadre économique ». Celle-ci, a-t-il dit « a besoin d’être suivie afin que le transfert de savoir-faire et de technologie soit réel et que le partenariat ne résume pas seulement à du recrutement de la main d’œuvre locale ».

« On aura toujours un partenaire »
Le nouveau dispositif imposé aux entreprises étrangères répondant aux appels d’offres internationaux de l’Algérie pourrait cependant se retrouver dans une situation d’inexistence d’entreprises algériennes spécialisés pouvant prétendre à un partenariat avec elles. « Il existe un risque que l’investisseur étranger ne trouve pas le partenaire idoine pour engager sa soumission. Nous avons certes quelques entreprises performantes mais pas dans tous les domaines » relève Zaïm Benssassi, président du Conseil national consultatif des PME. Raison de plus, estime-t-il,  pour que l’on engage un grand travail de mise à niveau des entreprises algériennes. L’absence d’entreprises locales ne constitue cependant pas un problème, selon le ministre des finances, M.Karim Djoudi, qui a indiqué que les partenaires locaux potentiels sont déjà identifiés. « Il y a une liste d’entreprises qui sont identifiées par secteur d’activité. Il  appartient à l’entreprise étrangère qui bénéficie d’un marché public de transférer technologiquement son savoir faire en constituant une société mixte avec un partenaire algérien » a-t-il déclaré. Dans le cas où le projet, objet de l’appel d’offres, requière un savoir-faire et une maitrise introuvables au niveau local, Karim Djoudi, a déjà proposé une alternative.  « On aura toujours un partenaire. Si ce n’est pas une partenaire technique ça sera un partenaire financier. Cela peut-être donc le  fonds national d’investissement (FNI), les banques ou d’autres… ».

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